English

The beginning: “from right to left”

From 2006 to 2009, the project «from right to left» allowed me to explore the interactions between Arabic calligraphy/language and self-portrait / humain figure. Works where movement is marked by a sense of urgency, letters multiply and words are brought together, thus forming parts of my own face. This primitive and chaotic gesture, , represents my personal dramatic universe. This cobweb of Arabic vocabulary, tinged with hints of French and English, stems from my flow of thoughts: fragments of poetry, excerpts from Koranic surah’s or common idioms. The mix of different cultural heritages shown with Western portraits and Arabic calligraphy allows the observer to be active by deciphering the sentences in different languages and directions (right to left or vice versa). If language is here a symbol of individuality as it composes a pictorial self-representation, it also helps creating a community in which the Other participates in this artistic face to face.

The conflicting relationship between text and image draws firstly from my father’s legacy who, as a Moroccan painter, bore the guilty burden of painting human figures despite its proscription in Islam. Even with my first series, it was important to put a scheme in place in order to trick aniconism and design a new type of portrayal. By diverting Arabic calligraphy, an abstract and decorative craft used traditionally by Muslim artists, my work borders human representation with words shaping faces. While calligraphy is still readable, the face’s composition remains abstract and implicit. If there is a way to reunite words and figures in Muslim art, I’m not producing paintings but rather writing portraits.

Zakaria Ramhani

 

Français

Le début : « de droite à gauche »

De 2006 à 2009, j’ai exploré dans le projet « de droite à gauche » les interactions entre la calligraphie arabe et l’autoportrait/figure humaine. Dans des œuvres où le mouvement est empreint d’urgence, les lettres se multiplient et les mots se juxtaposent pour former les parties de mon propre visage. Cette gestuelle primitive et chaotique, symbolise mon univers personnel dramatique. Ce labyrinthe de mots en langue arabe, où l’on discerne aussi du français et de l’anglais, provient du flux de mes pensées: des bribes de poésie, des extraits de sourates du coran ou des expressions populaires. En mélangeant différents héritages culturels, le portrait occidental et la calligraphie arabe, je cherche à permettre à l’observateur d’être actif en déchiffrant les phrases dans différentes langues et directions (de droite à gauche ou inversement). Si le langage est ici un symbole d’individualité puisqu’il forme picturalement mon autoreprésentation, il est aussi un vecteur de collectivité où l’Autre participe à ce face à face artistique.

Ce rapport paradoxal entre l’image et le texte a comme influence première l’héritage de mon père, un peintre marocain, qui portait en lui la culpabilité de peindre des représentations humaines malgré l’interdiction de figuration dans l’Islam. Dès mes premières séries, il fut ainsi primordial de mettre en place un stratagème pour jouer un tour à l’aniconisme et inventer un nouveau genre de représentation. En détournant la calligraphie arabe, une technique abstraite et ornementale utilisée traditionnellement par les artistes musulmans, mon travail touche à la frontière de la figuration humaine en créant par des mots les formes de mon visage. Si la calligraphie est lisible, la représentation du visage reste cependant très abstraite et se laisse à deviner. M’interrogeant sur une possible réconciliation entre les mots et la forme dans l’art musulman, je ne réalise donc pas des peintures, mais j’écris plutôt des portraits.

Zakaria Ramhani