English

The appearance of a figurative
face

Since 2009, the tension between
image and text that characterizes my approach has taken a new direction.  The representation of faces appeared for the first time more clearly in my self-portraits, thus bypassing the influence of aniconism that weighed most heavily on the works of my early career. The representation is closer to the human figure and moves away from the borders of
abstraction. Indeed, the human face multiplies it self in endless combinations and perspectives symbolizing the diversity of human identity. In these new self-portraits, the contours are very determined on red or white backgrounds, aesthetically
reminiscent of the use of stencils during Pop art’s period.
Paradoxically, while the face is
evolving towards figuration, writing is gradually illegible to become a simple
gesture in the act of painting.  Compared to the first self-portraits, writing ceases to be in motion and stabilizes itself.
Regaining its traditional ornamental function, Arabic calligraphy is used only
to structure the various parts of the face. By integrating an indecipherable
speech for Arabic-speakers and Westerners, I focus on understanding the
complexity of our own identities as well as our relationship between the Self and the Other.

Français

L’apparition d’un visage figuratif

Cette tension entre l’image et le texte qui influence ma démarche prend une nouvelle direction à partir de 2009.  La représentation des visages apparait pour une première fois avec plus de netteté dans mes autoportraits, outrepassant ainsi l’influence de l’aniconisme qui pesait plus lourdement sur les œuvres du début de ma carrière. M’engageant dans la figuration humaine, ma représentation est ainsi plus claire et s’éloigne volontairement des frontières de l’abstraction. Le visage humain se multiplie dans une infinité de combinaisons et de perspectives symbolisant ainsi la diversité de l’identité humaine. Ces nouveaux autoportraits, dont les contours sont très déterminés sur des fonds rouges ou blancs, rappellent sur le plan esthétique les pochoirs de la période Pop Art.

Paradoxalement, pendant que ce visage évolue vers le figuratif, l’écriture devient graduellement illisible pour prendre le rôle d’un simple geste pictural. En comparaison aux premiers autoportraits, l’écriture cesse d’être en mouvement pour se stabiliser. Retrouvant sa traditionnelle fonction ornementale, la calligraphie arabe sert ainsi uniquement à structurer les différentes parties du visage. En intégrant un discours indéchiffrable tant pour les arabophones que les Occidentaux, je mets cette fois-ci l’accent sur la complexité de comprendre tant nos propres identités que notre rapport entre le Soi et l’Autre.

 

Zakaria Ramhani